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 Juger trop vite : ce que la médecine peut nous apprendre

Juger trop vite : ce que la médecine peut nous apprendre

18 secondes pour se faire une opinion... et pour vous?

Vous êtes-vous déjà demandé combien de temps il faut pour se faire une opinion sur quelqu’un ou sur une situation ? Les médecins, eux, le font… très vite.

Des études le montrent En 1984, H. B. Beckman et R. M. Frankel ont étudié 74 consultations médicales. Ils ont enregistré combien de temps un patient pouvait parler avant que le médecin ne l’interrompe. Résultat surprenant : dans 69 % des consultations, les médecins interrompaient après seulement 18 secondes.

Des recherches plus récentes aux États-Unis confirment la tendance : les interruptions surviennent désormais en moyenne après 11 secondes. Ce n’est pas toujours par impolitesse — souvent, c’est pour poser des questions ou orienter la discussion — mais cela limite la possibilité pour le patient de raconter toute son histoire.

Ces études ne montrent pas que les médecins jugent instantanément la personnalité d’un patient. Mais le fait qu’ils interrompent rapidement indique qu’ils se sont déjà fait une idée sur la situation. Cette impression initiale guide la conversation, parfois avant que le patient n’ait exposé tous ses symptômes ou inquiétudes. La formation médicale moderne insiste donc sur l’écoute active et la gestion de l’agenda de consultation, pour éviter que ces premières impressions ne restreignent la compréhension et la qualité des soins.

Et nous, dans la vie quotidienne ?

Combien de temps prenons-nous pour vraiment comprendre quelqu’un ? Peut-être est-il plus prudent et plus intelligent de prendre du temps pour écouter et observer avant de tirer des conclusions. Beaucoup de relations se fragilisent parce que nous collons des étiquettes trop vite, sans vraiment connaître la personne et sans être conscients de nos propres préjugés, de nos conditionnements et de nos idées toutes faites. D’ailleurs, quand nous ne connaissons pas vraiment quelqu’un, nous avons tendance à parler surtout de nous-mêmes, de ce que nous pensons ou ressentons, plutôt que d’essayer de comprendre l’autre. 

Les relations privées demandent davantage de patience et de recul que les relations professionnelles, car elles ne reposent pas toujours sur des critères objectifs et juger trop vite pourrait nous faire passer à côté d'une personne véritablement intéressante et probablement d'une relation passionnante.

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Sources et lectures complémentaires

  1. Beckman H. B. & Frankel R. M. (1984). The effect of physician behavior on the collection of data. Étude classique montrant que les médecins interrompent souvent les patients après seulement 18 secondes. PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/
  2. Études récentes sur la communication médecin-patient (USA). Analyses de consultations indiquant que l’interruption des patients se produit en moyenne après 11 secondes, confirmant la formation rapide de premières impressions. PMC : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/
  3. Harry T. Reis & Susan Sprecher (2009). First Impressions, in Encyclopedia of Human Relationships. Explique comment nous formons des impressions instantanées et leur influence sur les relations personnelles. Sage : https://sk.sagepub.com/ency/edvol/embed/humanrelationships/chpt/first-impressions?utm_source=chatgpt.com
  4. Quick but not painless: Differential effects of relationship dissolution trajectory on self-concept clarity and psychological distress, Personality and Individual Differences (2025). Montre comment des jugements rapides peuvent fragiliser les relations personnelles. ScienceDirect : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0191886925002168?utm_source=chatgpt.com
  5. Mispredicting distress following romantic breakup: Revealing the time course of the affective forecasting error, Journal of Experimental Social Psychology (2008). Étude sur la manière dont nous évaluons trop vite nos réactions émotionnelles dans une relation. ScienceDirect : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0022103107000960?utm_source=chatgpt.com
  6. Carney, Colvin & Hall (2007). Thin-slicing in social perception. Présente le concept de « thin slicing », la capacité à se faire une idée sur quelqu’un à partir de très courts fragments de comportement. Wikipedia : https://en.wikipedia.org/wiki/Thin-slicing?utm_source=chatgpt.com
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Si vous voulez, je peux maintenant faire une version légèrement plus punchy, où les titres et phrases clés sont un peu plus percut

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