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En m’impliquant dans le milieu social et politique en Suisse — mon pays depuis très longtemps — j’ai fait une observation importante : la seule voie pour transformer durablement le monde passe par l’évolution de la conscience individuelle et collective.
Peu importe le camp ou l’opposition que l’on choisit, les dynamiques humaines restent les mêmes : jalousie, rivalité, désir de pouvoir, tendances à dominer, égocentrisme, endoctrinement, propension à la corruption et parfois moralité détournée. Ces comportements ne dépendent ni du groupe ni de l’idéologie : ils reflètent un état de conscience commun.
Là on touche à une idée centrale en psychologie, philosophie et spiritualité : les conflits extérieurs sont des projections de conflits intérieurs. Tant que l’individu ou le collectif ne change pas profondément de conscience, le pouvoir se transmet simplement à d’autres personnes avec le même état de conscience, et le cycle continue.
Ce contre quoi nous nous battons peut nous transformer
Comme le soulignait Carl Jung, lorsque l’on lutte contre quelque chose, il existe un risque de devenir semblable à ce que l’on combat. La passion et la colère peuvent nous faire reproduire exactement les comportements ou attitudes que nous dénonçons.
Si l’on prend ce raisonnement au sérieux, il n’y a pas de solution durable par la seule opposition ou lutte externe.
La clé réside dans la transformation de la conscience.
Travailler sur soi-même
- Connaître ses propres émotions, préjugés et conditionnements.
- Observer ses réactions face aux injustices ou conflits : réagissons-nous automatiquement ou avec lucidité ?
- Intégrer des pratiques comme la pleine conscience, la méditation ou l’introspection.
Réduire les projections sur les autres
- Comprendre que ce que l’on critique chez les autres peut refléter une partie non reconnue de soi-même.
- Chercher à agir à partir de la clarté intérieure plutôt que de la colère ou du ressentiment.
Créer des structures favorisant l’intelligence collective
- Encourager des espaces où les décisions sont prises de façon consciente, collaborative et détachée de l’ego.
- Valoriser la transparence, la responsabilité et la régulation émotionnelle dans les organisations.
Éducation à la conscience et à l’intelligence émotionnelle
- Apprendre dès l’enfance à reconnaître et réguler ses émotions.
- Développer la capacité à questionner ses croyances et opinions avant d’agir ou de juger.
Vigilance face au pouvoir
L’accès au pouvoir peut faire glisser un individu dans un état de conscience marqué par l’orgueil, l’égocentrisme et la tentation de la corruption. Pour y remédier, il serait crucial d’introduire des pratiques de pleine conscience, de méditation et d’introspection au sein de la classe politique, ou au moins de s’entourer de conseillers capables d’observer la conscience et les décisions. Ces mesures favorisent le détachement, la lucidité et une gouvernance éthique, et aident à éviter de reproduire les mêmes schémas que ceux que l’on critique.
Exemples d’études scientifiques
- Mindful path to psychological wellbeing: a comprehensive review — montre l’impact positif de la pleine conscience sur la conscience de soi et la régulation émotionnelle.
- Trait mindfulness and everyday conflicts — associe la pleine conscience à une expérience de conflit interne moindre, soulignant l’importance d’une attention non‑jugeante.
- The (In)flexible self — montre que la pleine conscience favorise une plus grande flexibilité psychologique, aidant à ne pas se laisser piéger par des réactions automatiques ou conflictuelles.

