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Depuis des siècles, l’humanité s’interroge : le monde extérieur existe-t-il vraiment ? Et si oui, comment pouvons-nous en avoir une perception juste ? Cette question traverse la philosophie occidentale, les traditions spirituelles orientales, et même la science contemporaine.
1. Le monde extérieur et la perception humaine
Nous savons que chacun de nous perçoit la réalité différemment. Deux personnes peuvent observer le même événement et en donner des versions très différentes. Ce phénomène a conduit les philosophes à s’interroger sur la réalité objective : est-elle accessible ou n’existe-t-elle qu’en tant que construction de notre esprit ?
- Dans la philosophie occidentale, des penseurs comme George Berkeley et David Hume ont montré que nos perceptions ne garantissent pas l’existence d’un monde extérieur indépendant ; ce que nous appelons “réalité” pourrait n’être que perception.
- En neurosciences, des études récentes montrent que la perception consciente est influencée par nos filtres internes, notre mémoire, notre attention et nos attentes (Li, Hill & He, 2014). Ce que nous voyons et ressentons est donc déjà une interprétation, pas un reflet direct du réel.
2. Le rôle du monde intérieur
Nos expériences internes — émotions, pensées, mémoire, intentions — filtrent notre perception. Dans les pratiques méditatives ou contemplatives, il est démontré que changer l’état intérieur modifie la perception du monde extérieur. Une personne calme et sereine verra souvent la réalité comme harmonieuse, tandis qu’un esprit troublé percevra tensions et conflits.
- Les traditions orientales, comme le bouddhisme ou le yoga, enseignent que le monde extérieur est en miroir du monde intérieur, et que la transformation de notre esprit transforme la façon dont nous percevons la réalité.
3. La physique quantique et l’esprit holographique
Certaines approches modernes, inspirées de la physique quantique, suggèrent que le monde pourrait être une projection holographique (David Bohm, Stanislav Grof). Le concept d’“esprit holographique” propose que tout ce que nous percevons est une manifestation d’un champ informationnel interconnecté, et que notre conscience joue un rôle actif dans la construction de ce que nous vivons comme réel.
4. Mémoire, perception et mystère
Un autre mystère demeure : nous filtrons notre perception de la réalité à travers notre mémoire, mais personne ne sait exactement où elle se situe. Certaines théories suggèrent que la mémoire pourrait exister dans un champ informationnel en dehors de notre corps, tandis que d’autres proposent qu’elle soit stockée à l’intérieur du corps, dans nos cellules et circuits biologiques. Il est possible que les deux hypothèses soient complémentaires, et que notre mémoire se déploie à la fois dans le corps et dans un champ plus large qui dépasse notre individualité.
Quelques sources scientifiques / réflexives intéressantes sur perception, conscience, réalité:
1. Spin‑Mediated Consciousness: Theory, Experimental Studies, Further Development & Related Topics” — Huping Hu & Maoxin Wu (2002) Cette étude explore l’hypothèse selon laquelle la conscience pourrait être liée aux phénomènes quantiques, plus précisément au “spin quantique”. Les auteurs suggèrent que la conscience pourrait être intrinsèquement connectée à ces états quantiques, ouvrant des pistes sur le lien potentiel entre physique quantique et expérience consciente.
2. “Can quantum physics help solve the hard problem of consciousness? A hypothesis based on entangled spins and photons” — Christoph Simon (2018) Christoph Simon propose que la conscience pourrait avoir une base dans des états quantiques complexes, impliquant spins et photons. Cette approche permettrait d’expliquer certaines propriétés de la conscience, comme l’unité, la complexité et la subjectivité, que la biologie classique peine à rendre compte.
3. “Quantum information theoretic approach to the mind–brain problem” — Danko D. Georgiev (2020) Cet article examine l’idée que la conscience pourrait être associée à des “états quantiques d’information” dans le cerveau. Cela ouvre un pont entre le monde matériel et le monde mental en utilisant la théorie de l’information quantique comme cadre explicatif.
4. “Non‑equilibrium brain dynamics as a signature of consciousness” — Sanz Perl, Bocaccio, Perez‑Ipina, Laureys, Laufs, Kringelbach, Deco & Tagliazucchi (2020). Cette étude neuroscientifique classique montre que la conscience, comparée à l’état d’éveil ou aux états de sommeil/anesthésie, s’accompagne de dynamiques cérébrales spécifiques et actives, loin de l’équilibre thermodynamique. Cela suggère que la conscience est un processus dynamique et complexe, et non un état passif ou au repos du cerveau.
5. David Bohm — notion de Holomovement David Bohm propose le concept de “Holomovement” ou “ordre implicite”, selon lequel la réalité matérielle observable serait une projection partielle d’un ordre profond, unifié et dynamique. Ce modèle est souvent utilisé pour réfléchir sur les liens possibles entre conscience, perception et structure fondamentale de la réalité.
6.Travaux de Stanislav Grof — champs d’information universels / “fields of consciousness” Dans des ouvrages comme Evidence for the Akashic Field from Modern Consciousness Research, Stanislav Grof explore les états modifiés de conscience (états holotropiques) et propose que la conscience pourrait ne pas être strictement localisée au cerveau. Elle participerait à un champ informationnel plus vaste, ce qui suggère une réalité non strictement matérielle.
7. Approches en psychologie / psychanalyse contemporaine — chapitre “Perception‑conscience” dans La mémoire entre neurosciences et psychanalyse (Infurchia, 2014) Ce travail examine le lien entre mémoire, conscience et perception, et montre que notre perception du réel est filtrée par nos expériences, souvenirs et structures psychiques. Il met en évidence que la réalité telle que nous la percevons est toujours modulée par notre fonctionnement intérieur.

