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 Le burn-out en Suisse : une réalité en forte progression

Le burn-out en Suisse : une réalité en forte progression

Le burn-out, reconnu par la classification internationale des maladies (ICD-11) comme un syndrome lié au stress professionnel chronique, représente aujourd’hui un enjeu majeur en Suisse. Il se caractérise par trois dimensions : un épuisement émotionnel et physique profond, un détachement ou cynisme vis-à-vis du travail, et une diminution marquée du sentiment d’efficacité professionnelle.

Symptômes principaux

Les personnes en burn-out décrivent souvent une fatigue écrasante, un manque d’énergie constant, une irritabilité accrue, des troubles du sommeil, des difficultés de concentration et parfois des douleurs physiques récurrentes. S’ajoute bien souvent un sentiment de ne plus y arriver, de ne plus reconnaître son propre fonctionnement au travail.

Prévalence et statistiques en Suisse

Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), environ 23 % des actifs suisses déclarent se sentir très stressés au travail, un chiffre en hausse constante depuis 2012.  Les études estiment que 4 à 5 % de la population active suisse présente un burn-out sévère, tandis que 15 à 20 % montrent des signes d’épuisement professionnel à un stade moins avancé.  Les professions les plus touchées sont celles de la santé, de l’éducation et des services sociaux.

Conditions de travail et facteurs aggravants

La Suisse connaît, comme d’autres pays européens, une intensification du travail : surcharge, pression temporelle, exigences administratives croissantes, incertitude économique dans certains secteurs. Ces facteurs combinés augmentent le stress chronique et affaiblissent les ressources d’adaptation. Le sentiment d’être constamment « au bord du débordement » est devenu fréquent.

Conséquences sur la santé et la société

Le burn-out entraîne une détérioration profonde de la santé mentale et physique : anxiété, troubles du sommeil, vulnérabilité accrue aux maladies, douleur chronique, effondrement de l’énergie. Sur le plan professionnel, il provoque des absences prolongées, une baisse de productivité, une hausse du turn-over et un coût important pour les entreprises comme pour les assurances sociales.

Prévention et prise en charge

La prévention repose d’abord sur l’organisation du travail : réduction des surcharges, meilleure répartition des tâches, reconnaissance, autonomie, climat de confiance. Au niveau individuel, l’accompagnement thérapeutique, la régulation du stress, le repos structuré et la réintégration progressive sont essentiels. Le burn-out n’est jamais un signe de faiblesse : c’est un signal que les conditions et les exigences ont dépassé les capacités d’adaptation du corps et du mental.

Références scientifiques et sources suisses

  1. Office fédéral de la statistique, Enquête suisse sur la santé 2022, Stress et conditions de travail.
  2. Maslach, C., Schaufeli, W., & Leiter, M. (2001). Job burnout. Annual Review of Psychology, 52, 397–422.
  3. Schaufeli, W., & Taris, T. (2014). A meta-analysis of burnout across countries and professions. Work & Stress, 28(3), 223–241.
  4. Bundesamt für Gesundheit (BAG), Stress und psychische Gesundheit am Arbeitsplatz, 2023.
  5. Nielsen, K., & Einarsen, S. (2012). Outcomes of exposure to workplace bullying: A meta-analytic review. Work & Stress, 26(4), 309–332.
  6. McEwen, B. S. (1998). Protective and damaging effects of stress mediators. New England Journal of Medicine, 338(3), 171–179.
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